Cinq ateliers pour formaliser et faire reconnaître ses compétences transférables

Pour parvenir jusque devant le jury d’examen et argumenter sur leur capacité à transférer leurs compétences acquises dans le mandat, dans un poste de travail, les mandatés engagés dans le dispositif d’accompagnement vers la certification, sont accompagnés par des professionnels de l’Afpa au cours de cinq ateliers.  Cet article est la suite de celui qui présente les étapes du dispositif

1er atelier : dites ce que vous faites dans vos mandats

Le tout premier atelier d’accompagnement est organisé environ deux mois avant le passage devant le jury. Les treize candidats répartis dans les trois centres Afpa de Saint Herblain, Le Mans et Angers, ont donc un délai relativement court pour prendre du recul sur leur situation. Cependant, ils bénéficient de l’accompagnement actif et personnalisé des accompagnateurs Yan et Jean-Marie, qui animent les ateliers sur les trois villes. Ils sont là pour les aider à produire le dossier remis pour l’obtention du certificat.

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Revenir sur son parcours, dégager les compétences acquises, argumenter sur sa capacité à les transférer dans un poste de travail… La préparation à la certification réclame une réflexion personnelle et un travail de formalisation.

Pas facile de faire le point sur ses propres qualités ! C’est pourtant une étape indispensable dans ce dispositif pour arriver à dégager ses compétences, les formuler et les formaliser. « Lâchez-vous » lance Jean-Marie, le référent Afpa. « N’hésitez pas à aller dans le détail, à décrire chaque tâche que vous faites dans votre mandat, même celles qui vous paraissent insignifiantes, comme téléphoner, discuter avec des salariés, prendre rendez-vous, faire l’ordre du jour, etc. Nous ferons le tri plus tard ! »

L’exercice n’est pas difficile en soi pour Philippe, Sylvie, Bernadette ou Pascal. Il demande simplement de se poser un temps, au calme, d’essayer de balayer des années de pratique informelle et de la nommer. Chacun a quelques jours pour mettre « noir sur blanc » ce qu’il réalise quotidiennement, parfois sans s’en rendre compte. Les stagiaires doivent également choisir et raconter deux ou trois situations vécues qui illustrent chacune une compétence différente.

2e atelier : transférer chaque tâche listée dans un contexte professionnel

Etre mandaté n’est pas un métier, pourtant, si on souhaite faire reconnaître l’implication personnelle et le travail mené, il faut bien le transposer dans un contexte valorisant. C’est l’objet de ce deuxième atelier. Une dizaine de jours après le 1er atelier, chaque candidat revient avec sa liste et doit présenter l’ensemble de son travail dans le cadre de son ou de ses mandats.

« Vous n’avez pas à vous justifier », dit Jean-Marie, reprenant une participante déroulant son travail de réflexion sur la liste des tâches réalisées en tant que déléguée syndicale. « Vous devez d’abord présenter vos acquis. Ensuite on vous demandera de les prouver ».
« D’accord, reprend un autre participant, mais c’est un réflexe chez nous, car dans notre mandat, face à la direction, on est toujours en train de chercher à justifier ce que l’on avance, à chercher le texte de loi, le document formel, etc. »

Les référents, Yan et Jean-Marie, guident, motivent et rassurent les candidats dans leur travail d’observation, d’analyse, de recherche et de formalisation. Le but est que chacun produise un dossier synthétique de quelques pages sur ses compétences et sa capacité à les appliquer, les transférer, dans le contexte professionnel qu’il a choisi au travers de la certification. 

3e et 4e ateliers : prouver que le transfert de compétences est possible du mandaté au salarié

Entre le deuxième et le troisième atelier, les mandatés candidats à la certification doivent rapprocher les compétences identifiées des compétences nécessaires à la pratique du métier choisi (au travers du certificat). Ils doivent ensuite démontrer, au travers de situations vécues dans leur mandat, qu’ils peuvent très bien transférer leur savoir-faire dans un poste de travail. De ce rapprochement, se dégagent généralement les écarts existants entre les compétences attendues dans un métier et celles réellement détenues par la personne.

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L’Afpa fournit aux candidats mandatés, tous les documents nécessaires à leur préparation, en plus de l’accompagnement personnalisé.

Le référentiel des compétences de chaque mandat en entreprise, réalisé par les professionnels de l’Afpa (agence nationale pour la formation professionnelle des adultes) est alors très utile aux candidats. Philippe a ainsi pu constater que pour obtenir son certificat de négociation et prospection commerciale, il lui manquait la pratique de la prospection. Solange et Joëlle se sont rendues compte de leurs lacunes sur le métier d’assistante RH…

Reste donc à chacun de trouver le moyen de combler ces écarts de compétences. Des entretiens poussés auprès de personnes expérimentées, un stage d’observation auprès d’un professionnel sur le terrain, des formations courtes en ligne, des lectures et recherches de documents judicieux sont des démarches qui permettront d’argumenter face au jury.

5e atelier : préparation au passage devant le jury

« Je me disais que c’était juste un petit oral. En fait, je me rends compte que cela demande de la préparation » avoue Philippe, d’habitude très à l ‘aise pour s’exprimer. Il prépare l’examen pour l’obtention de la certification « Prospection et négociation commerciale ». Au cours de l’atelier n°4, dédié à la préparation de ce passage devant le jury, il panique un peu : « Ce n’est pas si facile de résumer et d’argumenter en 10 mn. ce que j’ai écrit en 4 pages ! ».

Le règlement de l’examen prévoit un temps variable en fonction de la certification visée, entre 10 et 15 minutes par compétence à présenter. Chaque candidat a de deux à trois compétences sur lesquelles il doit argumenter et répondre ensuite aux questions du jury. 

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Jean-Marie et Yan accompagnent, rassurent et motivent les premiers candidats-mandatés à la certification en région Pays de la Loire.

« Le jury n’est pas là pour vous descendre, rappelle Yan, l’un des deux accompagnateurs Afpa. Il se compose d’un professionnel et d’un mandaté. Les questions du premier visent à vérifier que vous êtes capables de transférer vos compétences acquises dans un poste de travail. Les questions du deuxième sont là pour vous aider à argumenter et à révéler vos qualités ». 

Pour Joëlle, qui a pris du retard dans la production de son dossier écrit, il y aura une préparation individuelle, à part de l’atelier. Jean-Marie va l’aider à mieux cadrer son argumentaire.
Solange, elle, est plutôt confiante, même si elle sait qu’elle doit étoffer son intervention orale, trop courte lors de l’atelier. Son dossier est bouclé, elle a pu combler ses lacunes en échangeant avec deux assistances RH de son entreprise, qui l’ont rassurée. Si la pression est palpable chez chacun des candidats, tous sont motivés et se projettent dans « l’après-jury ». « J’ai prévu d’utiliser mon CPF, de compléter avec mes heures de CIF et mon syndicat départemental s’est engagé à prendre le reste à charge si c’était nécessaire, expose Solange. C’est un juste retour finalement des années passées à son service… »

Prochaine étape donc, le passage devant le jury…