Avenir des mandatés. La CGT et la CFDT en ordre de marche pour valoriser leurs militants

La mise en place du dispositif en faveur de la valorisation des parcours militants va être lancée d’ici à l’été à l’échelle de la région Pays de la Loire. Du côté des syndicats parties prenantes du groupe de travail, les uns sont déjà en action sur le terrain pour préparer leurs responsables locaux au dispositif, les autres préfèrent attendre.

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En reconnaissant les compétences variées des militants acquises tout le long de leur mandat, la certification leur permettra de les valoriser dans leur parcours professionnel.

D’un côté les responsables des syndicats CFDT et CGT ont rapidement contacté leurs fédérations régionales pour une concrétisation sur le terrain. De l’autre, FO et la CFE-CGC, enthousiastes de la deuxième heure, préfèrent se concentrer sur les négociations en cours et attendre la publication des arrêtés qui officialiseront le dispositif d’accompagnement des mandatés vers une certification.

« Pas d’urgence » et quelques doutes

« On ne veut pas communiquer trop tôt et peut-être pour rien » dit-on chez Force ouvrière. « Il n’y a pas d’urgence, et surtout d’autres dossiers à traiter entre temps », répond-on également à la CFE-CGC. Si le dispositif est pourtant bien enclenché, l’incertitude liée à la volonté de la ministre du travail d’aller au bout de cette démarche qu’elle n’a pas initiée et à laquelle elle n’adhère pas forcément sur le principe, inhibe les responsables syndicaux, pourtant tout aussi convaincus que ceux de la CGT et de la CFDT.

Du côté de la CGT et de la CFDT, les responsables syndicaux en charge du dossier ont, dès la sortie de la réunion du 3 février dernier, contacté leurs secrétaires locaux pour lancer l’opération de mise en place en Pays de la Loire.

« Il est nécessaire d’élargir rapidement le champ des certifications »
Philippe Detrez, secrétaire confédéral CGT

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Philippe Detrez, secrétaire confédéral CGT

« L’accueil de la secrétaire régionale et des secrétaires départementaux en Pays de la Loire a été positif. Ils se sont montrés très intéressés et ont estimé que le dispositif pouvait en effet concerner de nombreux camarades. Le choix de la région Pays de la Loire s’est fait en fonction de sa dimension : pas trop importante, humaine.

Mi-mars, nous établirons un premier ciblage, sachant que nous connaissons déjà à peu près le nombre de candidats potentiels sur la région. Nous organiserons des entretiens avec pour prérequis le fait d’avoir tenu au moins deux mandats récents.
Ensuite, nous entrerons dans une phase délicate, car à ce jour, les certifications identifiées en cours de validation couvrent un champ un peu étroit, celui du ministère du travail. Il est nécessaire d’élargir rapidement pour répondre à la demande. Ensuite… on demande à voir. »

 

« Se focaliser sur les sortants ou bien sur les nouveaux venus ? »
Thierry Cadart, secrétaire national de la CFDT

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Thierry Cadart, secrétaire national CFDT

« Nous avons informé l’union régionale et nous pourrons nous appuyer sur eux pour une gestion de proximité. L’outil est très intéressant et nous sommes d’autant plus enthousiastes que la CFDT a été un vrai moteur au sein du groupe de travail. Sur la région Pays de la Loire, il ne s’agit pas d’une expérience, ni d’une opération en blanc. Aussi, nos premiers candidats doivent être conscients que tout ne sera pas forcément bien en place pour eux. Nous essayerons tout de même de maîtriser les choses autant que possible.

Notre congrès confédéral en juin sera une étape importante au cours de laquelle nous vérifierons que le dispositif correspond bien à ce que nous voulons.
Des questions devront être tranchées : est-ce que l’on focalise sur les sortants ou bien sur les nouveaux venus ? Comment allons-nous structurer et déployer la formation de nos militants au regard de ce nouveau dispositif ? Comment ne pas entrer en concurrence avec le marché de la formation professionnelle ?… etc.

Nous sommes conscients que de nombreux militants CFDT ne se forment pas, que ce sont toujours les mêmes qui suivent nos formations et que par conséquent il y a tout un public que nous ne touchons pas. A l’inverse, nous savons aussi que 75 % des responsables syndicaux ont moins de cinq ans d’expérience dans le syndicalisme. L’enjeu pour l’avenir est donc extrêmement important. »

Philippine Arnal-Roux