De DP à ergonome : « J’avais l’impression de faire la même chose »

Pour Jean-Max Llorca, ex-syndicaliste devenu expert CHSCT, son parcours s’est tracé naturellement, au gré de son expérience, acquise en particulier dans le cadre de ses mandats de représentant du personnel.

jean max llorca_delegue syndical_ergonomie_expert CHSCTIl a commencé sa vie professionnelle comme caissier sur un péage des Autoroutes du Sud de la France, puis a progressé dans l’entreprise, tout en s’engageant en syndicalisme et en accumulant les mandats : délégué du personnel (DP), secrétaire de CE, secrétaire du CHSCT, membre du CCE (comité central d’entreprise), mais aussi conseiller prud’homal, secrétaire du syndicat départemental CFDT des transports et président de la CPAM.

Et puis un jour, Jean-Max Llorca a « rencontré l’ergonomie » au cours d’un stage. Son intérêt est immédiatement captivé et celui qui s’était arrêté au bac, faute de motivation pour un métier ou un autre, décide dans la foulée de préparer un diplôme universitaire (DU) en ergonomie. Financé avec son CIF (compte individuel de formation), il l’obtient et enchaîne avec un master II à l’université Paris I La Sorbonne.

Belle reconnaissance des compétences du syndicaliste

A son retour dans l’entreprise, ses diplômes sous le bras, son DRH lui demande ce qu’il souhaiterait faire désormais chez ASF. Réponse : « Créer un département d’ergonomie chez ASF ». Sa demande est acceptée ! Pendant près de 10 ans il anime donc ce nouveau département, jusqu’au rachat de la société par Vinci. Comme souvent quand une entreprise change de mains, il voit l’opportunité de quitter ASF avec une indemnité et fonde son propre cabinet d’expertise CHSCT.

Animer un groupe syndical ou une entreprise : des compétences communes

Quels liens entre son ancienne et sa nouvelle activité ? « En fait, j’avais l’impression de faire la même chose entre l’activité syndicale et l’activité d’ergonomie, avec, en plus, le regard scientifique. Il y a des compétences communes entre animer un groupe syndical, un département ou une entreprise comme je le fais maintenant. On est exposé, visible ; nos actes sont discutés. Il y a aussi cette distanciation active : il faut être à la fois présent et distant, « ne pas être au centre mais au milieu », comme disait le directeur de mon master, François Hubault. »

C’est magique d’évoluer en se formant

« Moi qui n’étais pas de cette culture universitaire, j’ai mené cette formation avec engagement, sans effort scolaire particulier, car c’était vraiment du plaisir de découvrir des auteurs, une discipline, le sens de soi dans le cadre d’une activité professionnelle. C’est vraiment magique d’aller dans cette démarche-là. »

Philippine Arnal-Roux

Jean-Max Llorca est venu raconter son parcours lors du colloque du 16 décembre 2016 co-organisé par Trouver une formation CE.com et Miroir Social.