Le parcours syndical ou institutionnel n’est plus unilatéral et linéaire

La trajectoire d’un représentant de salariés emprunte des périodes où la progression se nourrit des expériences sociales et professionnelles avec une certaine perméabilité. Dans ce contexte, le recours à des formations et à des instances externes à l’organisation syndicale correspond à une démarche naturelle, puisqu’elle est de nature à mettre à profit l’expérience sociale.

L’entreprise elle-même, de par ses politiques de formation, de développement des compétences de promotion interne a pu favoriser cette aspiration chez ses représentants du personnel.

Développer ses compétences en relations sociales

Ainsi, former et développer les compétences des acteurs des relations sociales apparaît comme la base fondamentale pour obtenir un dialogue social de qualité. Les premières lignes de cet article sont issues de l’ouvrage qui vient de paraître* co-écrit par Gérard Taponat, DRH renommé pour sa vision innovante des ressources humaines. Son but est de donner les clés à chacun, manager, DRH et cadre syndical, pour s’investir dans une approche plus constructive des relations humaines. Voici la suite de l’extrait sur la modification actuelle des sources de motivation de l’engagement et du parcours syndical.

« L’arrivée des technologies de communication parachève ce cycle émancipatoire de la formation syndicale et sociale, en donnant accès à des informations, des formations et des modalités d’accompagnement. Les réalisations de certaines entreprises déjà avancées en termes de droit syndical ont ainsi été dopées ; les possibilités de validation et de reconnaissance des compétences des représentants du personnel ont été largement diffusées.

Aspiration au développement personnel

La mise à disposition de toutes les données disponibles de formation, représente une autre invitation à la démarche d’autoformation. Si la motivation idéaliste et « politique » a fortement chuté chez la majorité des nouveaux salariés engagés dans des mandats sociaux, les politiques de gestion managériale ou RH participent également à susciter, ou non, des vocations sociales. La nouvelle motivation sociale et syndicale aujourd’hui en France repose amplement sur cette aspiration au développement personnel, mais aussi, certainement, aux éléments de la gestion sociale des entreprises.

La mauvaise gestion sociale, terreau d’un nouvel engagement syndical ? 

Une mauvaise gestion sociale individuelle d’une mobilité, d’une promotion, d’une formation, d’une relation managériale, d’une restructuration, d’un cas disciplinaire, que sais-je encore, sont autant de sources de motivation qui engagent des salariés à adhérer et à militer dans une instance ou une organisation syndicale pour tenter de réparer une situation. Si le réflexe d’adhésion est certes motivé par un besoin de protection, on aurait cependant tort de s’arrêter à cette explication. L’intention de retrouver une légitimité, une parole, un épanouissement, une reconnaissance, une liberté, une expression de ses compétences et d’accéder à des formations sont des raisons qui expliquent ce choix. Ces éléments déclencheurs sont à prendre en compte, afin de greffer ensuite la formation sociale et syndicale aux représentants du personnel concernés. Ces motivations individuelles de l’engagement social et syndical sont plus exigeantes en termes de formation certifiée et transférable. »

À cet égard, les étapes et les outils de gestion, définis dans l’ouvrage co-écrit avec Gérard Taponat, DRH connu pour les projets d’innovation sociale qu’il a mené dans de grandes entreprises, sont d’une grande utilité pour réconcilier les parcours. A vous procurer d’urgence dans un contexte où la question du « dialogue social » revient sans cesse dans l’actualité politique et sociétale de la France.

 

*Extrait de Dialogue social : former et développer les compétences des acteurs

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Couverture du guide pratique pour mener les relations sociales dans l’entreprise avec des acteurs formés et responsabilisés. Editions de boeck supérieur.

de Gérard Taponat et Philippine Arnal-Roux, préface d’Hubert Landier. 
Editions de Boeck supérieur, 136 pages, 22 euros. 

 

 

Philippine Arnal-Roux

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